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une autre retraite

La retraite par capitalisation, expliquée simplement.

Le sujet est devenu un argument de campagne, défendu par les uns, dénoncé par les autres, et expliqué par presque personne. Cette page répond aux questions de base, sans jargon et sans rien vendre.

Elle ne compare pas les systèmes et ne dit pas lequel choisir. Elle explique comment celui-ci fonctionne, pour que chacun puisse se faire son avis sur des mécanismes plutôt que sur des slogans.

Qu'est-ce que la retraite par capitalisation ?

C'est une retraite financée par un capital qui vous appartient. Pendant votre vie active, une somme est versée chaque mois sur un compte à votre nom. Cette somme est investie, elle produit des revenus, et le capital grossit. Au moment de la retraite, vous vivez de ce capital.

La différence tient en un mot : propriété. L'argent est à vous, il porte votre nom, vous pouvez en consulter le montant à tout moment, et ce qui reste à votre mort revient à vos héritiers.

Où va l'argent, concrètement ?

Il achète des parts d'entreprises. Pas une entreprise choisie par quelqu'un, mais un panier qui les contient toutes : c'est ce qu'on appelle un fonds indiciel. Un fonds indiciel sur le CAC 40 achète automatiquement les quarante plus grandes entreprises françaises, dans les proportions de l'indice.

Personne ne sélectionne, personne ne spécule, personne ne parie sur la hausse ou la baisse. Le fonds se contente de suivre la liste. C'est pour cette raison qu'il coûte très peu cher : environ 0,30 % par an, contre dix fois plus pour un fonds où un gérant choisit à votre place.

Vous devenez propriétaire d'une fraction minuscule de chacune de ces entreprises. Minuscule, mais réelle.

Qu'est-ce qu'un dividende ?

C'est la part des bénéfices qu'une entreprise reverse à ceux qui la possèdent. Quand une entreprise gagne de l'argent, elle en garde une partie pour investir et distribue le reste à ses propriétaires, en général une fois par an.

Si vous détenez une part de cette entreprise, vous recevez cette somme sans rien faire. Les grandes entreprises françaises reversent ainsi chaque année entre 3 et 4 % de leur valeur.

C'est pour cette raison qu'on parle d'indice « dividendes réinvestis » : au lieu d'encaisser cette somme, on la réinvestit aussitôt pour acheter davantage de parts, qui produiront elles-mêmes des dividendes l'année suivante.

Pourquoi de petites sommes finissent-elles par faire de gros montants ?

Parce que les gains produisent eux-mêmes des gains. C'est le seul mécanisme qu'il faut comprendre, et c'est celui qui surprend tout le monde.

La première année, vos versements rapportent peu. Mais ce qu'ils rapportent s'ajoute au capital, et rapporte à son tour l'année suivante. Au bout de dix ans, l'effet est modeste. Au bout de quarante, il dépasse de loin ce que vous avez versé.

La conséquence pratique est brutale : ce n'est pas le montant versé qui compte le plus, c'est le temps pendant lequel il travaille. Dix années de retard coûtent bien plus cher que dix années de versements.

Ce que deviennent 530 € versés chaque mois
Au rythme qu'a tenu le CAC 40 depuis 1987, inflation et frais déduits.
DuréeCe que vous avez verséCe que vaut le capitalPart produite par le capital
10 ans63 589 €86 444 €26 %
20 ans127 178 €242 400 €48 %
30 ans190 768 €523 769 €64 %
42 ans267 075 €1 174 059 €77 %

Les versements sont identiques d'un bout à l'autre. Seule la durée change.

Que se passe-t-il en cas de krach ?

Le capital perd de la valeur, parfois beaucoup. En 2008, le CAC 40 a perdu 42,7 % en une seule année. Quelqu'un qui aurait eu besoin de son argent cette année-là aurait vendu au pire moment.

La remontée peut être longue. En clôture annuelle, l'indice seul n'a retrouvé son niveau de fin 2007 qu'en 2019, soit 12 ans plus tard. En comptant les dividendes encaissés et réinvestis pendant toute cette période, le retour à l'équilibre est nettement plus rapide, et c'est cette performance-là, dividendes compris, que retient le simulateur.

Deux choses limitent le risque. La durée, d'abord : sur une carrière de quarante ans, un krach est traversé, pas subi, et les versements des mois suivants achètent des parts devenues moins chères. L'approche de la retraite ensuite : à l'approche du départ, on sécurise progressivement une partie du capital pour ne plus dépendre du niveau des marchés le jour J.

Cela ne supprime pas le risque. Un placement en actions peut perdre de la valeur, y compris durablement. C'est pourquoi le simulateur affiche les scénarios défavorables à côté des favorables, au lieu de les cacher.

Combien coûtent les frais ?

Un fonds indiciel prélève environ 0,30 % de la somme placée chaque année. Sur 10 000 €, cela représente 30 € par an.

Cela paraît négligeable, et c'est pourtant l'un des rares paramètres que vous maîtrisez vraiment. Sur quarante ans, un écart d'un point de frais par an ampute le capital final de plusieurs dizaines de pourcents, par le même effet qui fait grossir les gains.

Tous les montants affichés par ce simulateur sont calculés frais déduits.

Qu'est-ce que ce site ne traite pas ?

Il décrit un pays qui aurait toujours fonctionné par capitalisation, et calcule ce que vos cotisations y produiraient. Ce n'est pas ce que vous obtiendriez si la France y passait demain : vos cotisations déjà versées ont financé les pensions d'hier, et un changement de système ne serait pas rétroactif. Il ne traite pas du passage d'un système à l'autre, qui est une question politique lourde et qui mérite son propre débat.

Il ne compare pas non plus son résultat à la pension que le système actuel verserait. Estimer des droits individuels en répartition demande des données personnelles que ce site ne collecte pas, et un chiffre approximatif à cet endroit serait pire que pas de chiffre du tout.

Enfin, il ne couvre pas les fonctions de solidarité : pensions de réversion, invalidité, minimum contributif, trimestres accordés pour les enfants.

Tous les chiffres de cette page viennent du même moteur de calcul que le simulateur. Les barèmes, les formules et les sources sont détaillés sur la page méthode.

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